Comment l'APA m'a choisie

 

Alors que je n’avais pas 15 ans, j’ai fait deux rencontres en très peu de temps qui allaient orienter mon avenir : la première, sur les pistes de skis, avec une personne se déplaçant en fauteuil roulant et donc skiant dans une coque, la deuxième, avec mon prof d’EPS au collège, qui, en cycle escalade, nous a fait grimper en aveugle…

Et voilà, je savais que je voulais faire du ski avec des personnes ayant une lésion médullaire et de l’escalade avec des personnes non voyantes.

 

Mais à cette époque je ne connaissais pas l’APA, et je n'avais aucune idée de comment y parvenir !

 

Ce n’est que bien plus tard, en intégrant l’UFRAPS (faculté de sport), que j’ai découvert le cursus APA, et au-delà du ski et de l’escalade, au-delà des personnes se déplaçant en fauteuil roulant et des personnes malvoyante, le formidable monde qui venait de s’ouvrir à moi.

 

C’est alors qu’au cours de mes 5 années d’études, j’ai appris sur la physiologie, l’anatomie, la composante organique, la psychologie,  la biomécanique du corps sain puis de celui lésé, parallèlement à des apports sur les activités physiques mais surtout comment les adapter.

 

Je cherchais un métier, j’ai découvert une aventure humaine !

 


Premiers pas en APA

J'ai tout d'abord réalisé une licence à l'UFRAPS de Grenoble , au cours de laquelle j'ai effectué différents stages:

- avec des enfants ayant une Infirmité motrice Cérébrale (IMC, à l'Institut Médico-Educatif d'Eybens),

- avec des personnes ayant une déficience intellectuelle avec lesquelles je pratiquais l'athlétisme (ALESA, Echirolles),

- avec des personnes ayant une blessure médullaire ou une lésion cérébrale (Clinique du Grésivaudan, Saint Hilaire du Touvet)

 


 Le Québec, berceau de l'APA

Puis pour mon master, j'ai voulu aller voir ce qui se passait dans d'autres pays.

J’ai pris mon cartable, et je suis allée faire mon Master 1 au Québec, à Trois Rivières  exactement, le berceau de l’APA. Au-delà des apports universitaires, en vivant dans la société québécoise, j’y ai surtout découvert qu’à l’origine le sport est une composante quotidienne de la vie de chaque individu. Tout le monde pratique une activité physique  et tout le monde sait que la pratique est bénéfique pour la santé…

A partir de ce postulat, il n’y a qu’un pas pour affirmer que lorsque l’on a un problème de santé, il faut pratiquer une activité physique comme élément essentiel dans le processus de soin.

Durant cette année, j'ai effectué mon stage au Centre de l'Activité Physique et Sportive avec des personnes atteintes de la sclérose en plaque.

 


 La Belgique, voisine accueillante

Au retour du Québec, lors de mon Master 2, j’ai voulu profiter de mon stage de fin d'étude pour aller de nouveau voir ailleurs : en Belgique.

Et là j’ai été très surprise de me retrouver face à un paradoxe troublant : d’une part, les études en APA n’existent pas en Belgique, d’autre part, ils y sont bien plus ouverts que la France peut l’être. C’est ainsi qu’en proposant timidement mon projet de marche nordique à la ligue belge de la sclérose en plaque, je me suis retrouvée une semaine plus tard avec une vingtaine de personnes impatientes de commencer l’activité. En effet,je représentais ce qu’ils avaient cherché pendant des années : un prof de marche nordique qui adapte l’activité à leur individualité. C’est ainsi que j’ai mis en place des séances de marche nordique adaptées dans les parcs de Bruxelles pendant 5 mois. Aujourd’hui, l’activité existe toujours !

http://ligue.ms-sep.be/activites/move/activites-recurrentes/marche-nordique

 

 

L'APA jusqu'au bout du monde

Voilà, c’était la fin de mes études, et même si j’avais une grande envie de pratiquer mon métier, une autre envie a pris le dessus, le voyage !

C’est ainsi que je suis partie dans le Pacifique, où j’y ai vécu 3 années extraordinaires ! Et bien que le thème fût le voyage, j’en ai évidemment profité pour voir comment existait l’activité physique adaptée au bout du monde. En Australie et en Nouvelle Zélande, j’ai retrouvé le même esprit qu’au Québec, cette impression d’être cerné par des personnes pratiquant une activité physique (surf à 7h du matin avant le boulot, joggeurs, cours d’art martiaux ou de fitness en plein parc, salle de sport ouverte 24/24h…). Et quand il n’y a personne autour ? Il reste toujours les machines de renforcement musculaire, plantées au milieu des parcs comme on trouverait des jeux pour enfants…

Et comme au Québec, c’est une évidence que les personnes ayant un problème de santé intègre l’activité physique dans leur processus de soin.

 


Mon engagement pour l'APA aujourd'hui

Alors j’ai vraiment compris, que pour faire connaître et développer l’APA, il ne fallait pas se concentrer sur l’APA elle-même, mais sur l'activité physique dans la population générale, informer et sensibiliser tout le monde, crée dans l’opinion public un lien évident entre activité physique et santé…

 

Et me voilà de retour en France, avec tout ce bagage, et la grande question : qu’est ce que je veux faire de mon métier ? J'ai alors réalisé que ce qui m’intéressait aujourd’hui, c’était d’aller là où les personnes ont besoin de notre profession, là où il n’y a encore rien, au plus près de vous…

 

C’est pourquoi j’ai choisi de m’installer en libéral, pour répondre à un vrai besoin, pour ne plus avoir à entendre « j’aimerais pratiquer, mais aucun cours ne m’est adapté… », ni même « je ne pensais pas que je pouvais pratiquer telle activité »…

 

 

Alors à bientôt en séance!